Historique

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Au début des années 2000, Muriel Verdone et Khadija Rayass, habitantes de Communay, cherchaient  un projet de solidarité dans lequel elles apporteraient leur expérience dans l’insertion sociale. C’est une interview sur France-Inter de Jean-Guy Henkel, directeur du Réseau Cocagne, en avril 2000 qui déclencha leur initiative. Elles contactèrent le réseau, qui leur fournit rapidement une formation. Elles trouvèrent  à Communay l’appui et les compétences d’agriculteurs motivés par le projet, notamment Thomas Wauquier et François Genin. L’association des Jardins de Lucie créée en juillet 2000 rassemblait une cinquantaine d’adhérents avec un Conseil d’Administration composé de militants ayant des compétences complémentaires.

Une étude, réalisée dès l’été avec l’appui d’un autre jardin de Cocagne, démontra la faisabilité du projet, ainsi que son opportunité dans un territoire en manque de production maraîchère et de structures d’insertion. Sur cette base, les services de l’état (la DIRRECTE, Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) reconnurent l’association comme Atelier Chantier d’Insertion, ce qui ouvrait la possibilité de recevoir les subventions indispensables au fonctionnement. Dès mars 2001, un maraîcher professionnel, Rémi Dirou, préparait la production sur 1,5 ha, les premiers salariés en insertion arrivaient en avril. Les premiers paniers étaient livrés au début de l’été.

Dans ces années de démarrage, l’installation était sommaire : une caravane, puis deux cabanes construites par des bénévoles et sans accès carrossable, accueillaient 5 salariés permanents (deux co-directrices et chargées d’insertion, une animatrice du réseau d’adhérents, une comptable, un maraîcher) et 12 salariés en insertion. La construction de nouveaux locaux plus vastes s’avéra vite nécessaire. Elle fut rendu possible par le financement de la Politique de la ville, des dons de fondations d’entreprise, et un emprunt bancaire souscrit auprès de la NEF. Les bâtiments furent construits pendant l’hiver et printemps 2004. Ils permirent d’assurer aux salariés en insertion l’écoute et le suivi social, de produire des légumes biologiques de qualité, d’offrir un lieu d’accueil et d’échanges avec les adhérents et les écoles et de se mettre en conformité avec les normes de sécurité et d’équipement de la législation du travail.

En 2005-2006, le nombre de salariés en insertion passait à 18, et la surface cultivée à 3 ha. Cette croissance nécessaire s’accompagna d’une organisation managériale plus efficace et professionnelle et un gain d’expérience dans les métiers de l’insertion et de la production maraîchère. Ce changement était basé sur les recommandations du Dispositif Local d’Accompagnement (DLA), organe créé par la Caisse de Dépôts et Consignation et des partenaires privés, pour renforcer les structures sociales créatrices d’emploi. Combiné à l’engagement militant des salariés permanents et à l’énergie des bénévoles impliqués à tous les niveaux dans le fonctionnement des Jardins de Lucie, le professionnalisme acquis contribua beaucoup à une réputation de  » sérieux  » auprès des organismes publics de l’insertion, des entreprises, et des partenaires professionnels du milieu agricole.Ceci s’avéra précieux à une époque où la municipalité de Communay n’était pas favorable au projet. Il est significatif que Jean-Pierre Duret et Andrea Santana aient choisi Les Jardins de Lucie pour tourner en 2012 – 2013 plusieurs séquences du film  » Se battre « , dont les héros sont les hommes et des femmes qui ont la rage de se sortir de l’exclusion.

Aujourd’hui, une nouvelle phase de croissance, devenue nécessaire, se met en place. La surface cultivée est désormais portée à 7 ha, et le projet  » La Fabrique – De la Graine à l’Assiette  » de transformation de légumes bio démarrera à la fin de l’été 2015. Elle permettra d’accroître le nombre de salariés en insertion et leur ouvrira un champ de débouchés plus large. Fidèles à l’esprit qui les anime depuis le début, les Jardins de Lucie veilleront à ce que cet accroissement de professionnalisation ne soit pas au détriment de l’implication des bénévoles.

L’action des Jardins de Lucie repose sur la solidarité militante et résistante.

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